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Avril

Dîner-panel : ESG – Création ou préservation de la valeur ?

IFD-FSI Black 750x600Intégrer les considérations ESG dans le cadre des investissements et de la gouvernance des risques.

Les facteurs ESG gagnent en importance dans les décisions financières d’aujourd’hui et ont un impact grandissant sur la performance des investissements. Que cela soit à travers la création ou la préservation de la valeur, l’investissement ESG a émergé comme un facteur alpha en améliorant le profile risque/rendement de différents investissements.

Le 25 avril, l’IFD s’est allié à PRMIA Montréal, CFA Montréal, AIMA-CAIA, UNPRI et Finance Montréal pour présenter un panel de discussion avec quatre professionnels chevronnés dans le domaine de l’investissement responsable. Les trois panélistes, dont la discussion fut animée par Nalini Feuilloley, gestionnaire principale des réseaux de l’UNPRI, nous ont fait part de leur perspective sur la pratique de plus en plus répandue consistant à prendre en considération les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) pour les décisions d’investissement. Elle a également tenté de répondre à la question formulée pour la discussion : ESG – Création ou préservation de la valeur?

MillaEn premier lieu, Milla Craig, fondatrice et présidente chez Millani et membre du comité de direction de l’IFD, a fourni à l’audience un aperçu des différentes approches d’investissement en vue de l’examen des ESG, de la simple détection des secteurs à haut risque, à une extrémité du spectre,à des investissements plutôt philanthropiques ou sociétaux- à l’autre bout du spectre. Selon Milla, en Amérique du Nord, l’intégration des facteurs ESG à d’autres facteurs de risque est l’approche la plus commune, tandis qu’en Europe, les investissements soumis à des filtres ou thématiques sont plus fréquents. Milla a porté à notre attention plusieurs études récentes indiquant des retours sur investissement supérieurs où les facteurs ESG sont intégrés, en comparaison avec des stratégies d’investissement traditionnelles. Bien entendu, les gestionnaires de portefeuille gèrent naturellement certains facteurs ESG dans leur analyse de vulnérabilité, et ce, même dans le cas des investissements traditionnels. Néanmoins, en donnant un nom à cette pratique et en appliquant une analyse plus sophistiquée basée sur des données plus nombreuses et de meilleure qualité permettent aux investisseurs de rechercher cette valeur ajoutée de manière plus systématique.

Milla a expliqué que l’adoption des considérations ESG a crû de manière substantielle, soit de 20 % d’actifs sous gestion en 2012 à près de 40 % en 2016 selon le Global Sustainable Investment Alliance 2016 Global Sustainable Investment Review. Cela a donné lieu à des demandes de transparence plus grande de la part de compagnies, mais Milla a mis l’accent sur le besoin de se concentrer sur les divulgations significatives pour l’investisseur. Cela équivaut à une information de bonne qualité sur les aspects les plus pertinents pour le secteur, la région et les enjeux particuliers de la compagnie, pas seulement à un volume plus élevé.

Les organismes de réglementation placent également la barre plus haute, spécialement en Europe, mais également ici avec, par exemple, la Loi sur les régimes de retraite de l’Ontario, qui requiert désormais de la part des administrateurs de fonds de divulguer comment les facteurs ESG ont été pris en considération. Les organismes de réglementation des valeurs mobilières en Amérique du Nord subissent également des pressions pour requérir une meilleure reddition de comptes. Milla a conclu en observant le glissement d’interprétation au sujet de l’obligation fiduciaire. Alors que par le passé, les professionnels de la finance considéraient leur responsabilité fiduciaire en tant que maximisation des profits, sans être distraits par des considérations ESG, il est maintenant admis que ne pas considérer les facteurs ESG pourrait être un manquement à la responsabilité fiduciaire. Cela souligne que, tandis que l’intégration ESG à ses débuts portait majoritairement sur les valeurs, il s’agit maintenant de lavaleur.

Brad UrsilloBrad Ursillo, directeur général et spécialiste de l’analyse de MSCI, a ensuite présenté comment l’entreprise aide leurs clients à intégrer les facteurs ESG dans leur constitution de portefeuille et processus de surveillance des risques. En examinant les rapports de développement durable et les autres rapports annuels des entreprises, ils ont développé du soutien en décision de placement des classes d’actifs et des outils de mitigation du risque. Cela prend en considération, par exemple, la performance par secteur, région et compagnie en matière d’ESG en comparaison avec les pairs. Brad a également présenté les résultats récents de rapports de recherche interne indiquant que les portefeuilles des entreprises ayant de meilleurs scores ESG (connus comme des stratégies de positionnement) tendent à surpasser les indices généraux de marché comme l’indice mondial MSCI. Brad a également souligné que les portefeuilles des entreprises avec une meilleure dynamique ESG, ou « delta », affichaient une performance meilleure et supérieure à celle de l’indice; cela suggère que les analystes et les gestionnaires de portefeuilles devraient se concentrer sur les compagnies ayant récemment adopté et divulgué les données ESG ou sur celles dont le score ESG a le plus progressé au fil du temps.

Stephanie LachanceLa troisième panéliste a été Stéphanie Lachance, vice-présidente, responsable de l’investissement chez Investissements PSP. À titre de gestionnaire de fonds des pensions pour la fonction publique, les Forces armées canadiennes, la Gendarmerie royale du Canada et la Force de réserve (116,8 milliards de dollars d’actifs sous gestion), elle a présenté comment son organisation aborde l’intégration ESG dans ses décisions d’investissement. Elle a souligné comment l’approche diffère des fonds cotés en bourse, en opposition aux investissements privés, où il y a parfois plus de besoins d’engagement de la compagnie et de dialogue sur les questions de matérialité. Elle travaille avec une équipe de six personnes et elle a abordé avec l’auditoire les défis consistant à parler aux analystes financiers et aux gestionnaires de portefeuille chez PSP sur les différents facteurs ESG – la nécessité de garder un niveau de langue simple, de traduire les problèmes en termes financiers et de s’en tenir aux questions pertinents, particulièrement pour les cadres supérieurs et le conseil d’administration.

Une majeure partie de son rôle comprend l’engagement corporatif, qui peut prendre la forme d’un vote par procuration sur les propositions des actionnaires abordant les enjeux ESG. Ce n’est pas une tâche facile et cela devient très complexe lorsqu’arrive le moment de répondre aux besoins de 3500 compagnies; cela nécessite donc une approche structurée. Elle a également décrit comment l’engagement corporatif avait évolué et a indiqué que bien plus d’emphase était maintenant mise sur le dialogue avec les dirigeants d’une entreprise.

Stéphanie a également partagé le fait que ce ne sont pas tous les facteurs ESG qui peuvent évoluer à la même vitesse. PSP a effectué de bons progrès sur les enjeux de gouvernance, mais il lui reste du travail sur plusieurs facteurs environnementaux et sociaux. Elle a fait remarquer que la divulgation par les entreprises était également plus déficiente dans ces domaines, ou du moins, qu’elle n’était pas toujours personnalisée par rapport aux besoins des investisseurs cherchant à comprendre les aspects de matérialité et les stratégies de mitigation comme pour le risque liés aux changements climatiques.

naliniNalini Feuilloley a donné le coup d’envoi à la période de questions en posant des questions sur les barrières les plus importantes à l’adoption de l’intégration ESG, ce à quoi les panélistes ont répondu en abordant le besoin d’une meilleure transparence (meilleure, mais pas nécessairement plus grande) et d’un élargissement de la base de connaissances en ESG parmi les professionnels en finance.

Une question de la part de l’audience a porté sur le risque de changement climatique en tant que l’un des facteurs ESG et la manière dont les praticiens entrevoyaient la prise en considération de ce problème. Un autre participant a soumis une interrogation sur la qualité des données relativement aux émissions de gaz à effet de serre signalées par les compagnies. Stéphanie a confirmé qu’il y avait encore beaucoup de variabilité sur le plan de la portée et de la qualité et que l’usage accru des normes de déclaration serait le bienvenu. Milla a mis l’accent sur le fait que les risques liés au climat sont différents pour diverses industries et régions, d’où le besoin d’évaluations de la pertinence des enjeux pour déterminer ce qui devrait être inclus dans les divulgations. Elle a évoqué les travaux menés par SASB – Sustainability Accounting Standards Board dans ce domaine. L’engagement de Montréal sur le carbone (une initiative de PRI – Principals for Responsible Investment) a également été mentionné où les investisseurs développent des empreintes carbones de leur portefeuilles et on mentionne aussi le travail du groupe Task Force on Climate-related Financial Disclosures du conseil sur la stabilité financière de l’ONU. Les recommandations du TFCD circulent présentement et leur rapport final est prévu à la fin de l’été 2017.

Un autre participant a demandé si les pays émergents étaient délaissés par certains processus de sélection ou si on leur avait donné l’occasion de développer leur capacité à répondre au contrôle ESG. Stéphanie a répondu que PSP avait effectivement de différentes approches et elle a décrit leur rôle de sensibilisation par l’intermédiaire de l’engagement et du dialogue.

Milla a également mentionné que Montréal était reconnu en tant que chef de file en investissement responsable, grâce en partie à l’Initiative pour la finance durable, et à d’autres associations ayant œuvré à promouvoir l’investissement responsable. Les gestionnaires financiers de Montréal bénéficient d’un avantage distinctif grâce à la nouvelle adoption de l’intégration ESG à l’échelle mondiale.

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Nos remerciements à nos commanditaires de l’événement :

PRMIA Joint event Sponsors
Les organisations partenaires de l’IFD pour cet événement :


PRI Professional Risk Manager’s International Association
CFA_Montreal Association montréalaise of Chartered Financial Analysts
AIMA Logo2 Alternative Investment Management Association
CAIA Alternative Investment Management Association et Chartered Alternation Investment Association
PRI Canada Network of the United Nation Principles for Responsible Investment
FinanceMontreal La grappe financière du Québec créée par les acteurs du milieu financier à l’invitation du gouvernement du Québec