10
novembre

Atelier 1 : Définir l’économie collaborative et ses principaux enjeux sociaux et éthiques

Le 10 novembre 2016, l’IFD a accueilli trois panélistes pour présenter les différents aspects de l’économie collaborative.

Le premier conférencier, Guillaume Lavoie, conseiller de ville pour la Ville de Montréal (District de Marie-Victorin, arr. Rosemont – La Petite-Patrie), a entamé la discussion avec une définition dans les grandes lignes de ce qu’est l’économie de partage, aussi connue sous le nom d’économie collaborative, pour ses différents acteurs. Guillaume a poursuivi en abordant les enjeux sociaux que peuvent apporter l’économie de partage. Pour un homme politique, le défi est d’élaborer la bonne stratégie et de définir des règlements qui encouragent les aspects positifs de l’économie collaborative, tels que l’efficience des ressources en lien avec le partage de véhicules ou de matériel, tout en évitant les impacts négatifs, tels qu’une moindre sécurité d’emploi sur le marché du travail (penser au cas des chauffeurs de taxi) ou de moindres recettes fiscales pour soutenir les services locaux. Guillaume a présenté un excellent aperçu des enjeux et a illustré ses arguments avec des exemples d’entreprises oeuvrant dans ces domaines. Guillaume a également parlé du défi de développer des régimes suffisamment flexibles pour être capables à la fois d’encadrer de futurs services, et d’éviter des situations où les services sont adoptés avant qu’un cadre convenable ne soit mis en place.

Patrick Turmel, professeur associé de la Faculté de philosophie de l’Université Laval, a ensuite décrit la façon dont l’économie de partage transforme les relations entre employés, propriétaires, actionnaires et autorités publiques. Tandis que le terme d’économie collaborative évoque l’idée de coopérative de partage, de nombreux plans d’affaires actuels dans l’économie collaborative n’adhèrent pas au principe de partage des bénéfices. Au contraire, c’est souvent le risque accru pour les employés qui est partagé, tels que la sécurité de l’emploi et le coût d’entretien et d’assurance des outils/équipements pour le travail à faire. Alors que les applications numériques ont amélioré l’utilité pour les utilisateurs, les associations informelles derrière elles créent rarement de la cohésion sociale.

Notre troisième conférencière, Nancy Neamtan, présidente et directrice générale du Chantier de l’économie sociale, a plus amplement souligné quelques différences majeures entre les entreprises de l’économie collaborative dont les bénéfices reviennent à leurs fondateurs à frais minimes et celles gérées comme des coopératives ou des organisations dont les bénéfices sont partagés.

Durant la période de questions, modérée par François Boutin-Dufresne de Pavilion Marchés Mondiaux, la discussion est revenue sur le cadre réglementaire – quels mécanismes devraient être en place afin d’éviter de contourner notre contrat social tout en encourageant l’innovation et en créant de nouvelles façons de penser pour promouvoir l’efficience des ressources. Les technologies mobiles ont déjà modifié les façons dont les nouveaux consommateurs interagissent avec des fournisseurs de services (musique, transport, alimentation). Le commerce en ligne est en train de changer les commerces traditionnels et les transactions sont soit non-couvertes par les règles actuelles ou nos agences ne sont pas en mesure d’appliquer les régimes en place. Avec un nombre florissant de formes d’économie collaborative, parfois malgré des règlements, l’action paraît urgente.

 

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