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mai

Atelier 3 : Quel impact pour l’économie collaborative ?

Le dernier atelier de la saison sur le thème de l’économie collaborative a eu lieu le 26 mai.

Laurence Audette-Lagueux, Architecte de communauté chez OuiShare Québec, a donné une excellente description du paysage de l’économie collaborative en citant des exemples dans le domaine des services, de la redistribution de biens ou de produits et de la répartition des tâches, avec un accent sur les échanges locaux (télécharger la présentation). Laurence a également parlé de la créativité partagée et des plateformes de gouvernance partagée pour la prise de décision en commun. Elle a ensuite invité l’auditoire à réfléchir à de nouvelles approches en finance. Le système bancaire est-il prêt à rencontrer un élément perturbateur ? Certains signes sont déjà visibles: l’expérience complexe des usagers, la perte de confiance, des intermédiaires redondants et un accès limité. Avec l’émergence de la fintech et d’une nouvelle génération qui aspire à ce que son argent soit investi en fonction de ses valeurs, l’industrie de la finance doit être prête à faire face à une toute nouvelle réalité. Laurence a partagé divers exemples, tels que le financement collaboratif (« crowd-funding »), avant de conclure sur des cas pertinents qui sont venus appuyer ses propos.

Nous avons ensuite écouté Jean-Nicolas Guillemette, Directeur général de UBER Québec, qui a présenté l’arrivée d’Uber comme un moyen de lutter contre le gaspillage: les voitures personnelles sont immobiles 95% du temps et leur usage renforce les habitudes de conducteur seul. Les services d’Uber permettent, à un coût raisonnable, d’accéder aux zones urbaines mal desservies par le transport en commun et où le service de taxis traditionnel est moins disponible. Alors que l’entreprise reconnaît avoir commis quelques erreurs dans sa jeune histoire, Jean-Nicolas a confirmé qu’il travaille actuellement sur les enjeux liés à la sécurité d’emploi pour ses chauffeurs-partenaires. Questionné sur le futur d’Uber, Jean-Nicholas a évoqué Uber Freight et la venue éventuelle des voitures sans-conducteur. Quels modèles de propriété de véhicule supporteraient une flotte de véhicules autonomes au service des clients d’Uber?

Le troisième conférencier était Christopher Kulendran Thomas, artiste et fondateur de New Eelam. Christopher a défini New Eelam comme une expérimentation réfléchie afin de répondre à un désir accru de répartition du pouvoir de propriété. En clair, il s’agit d’un réseau de domiciles partageables, où les voyageurs internationaux (dans ce cas, des artistes) peuvent avoir un pied à terre dans les principales villes du monde sur une base de temps partagé (les effets personnels sont stockés jusqu’à l’annonce de l’arrivée), dans un hébergement bâti en fonction des meilleures pratiques durables. Du côté de la finance, cette nouvelle forme de logement permet à un regroupement de biens immobiliers d’être géré de la façon la plus optimale possible (acheté et vendu pour en retirer les gains en capitaux), avec l’avantage de réduire les coûts pour les copropriétaires. Christopher nous a fait remarquer que les artistes ne sont pas le groupe le plus enclin à être approuvé pour une hypothèque traditionnelle.

À la suite des présentations, le panel a été interrogé sur la façon dont les influenceurs clés de la communauté financière réagissaient face aux perturbations causées par l’émergence de l’économie collaborative et comment Montréal s’en sortirait dans un nouveau monde innovateur et audacieux.

Laurence a souligné que de nombreux agents de changement en France, qui commencent à récolter les fruits de ce nouveau paradigme, ne sont pas charmés par l’idée de venir au Québec pour repartir de zéro. Les régulateurs à tous les niveaux du gouvernement devront réagir à la nouvelle réalité et être proactifs pour attirer des entreprises adaptées à cette nouvelle économie afin d’en tirer des bénéfices pour le Québec et le Canada. Selon le panel, les investissements du gouvernement du Québec en soutien à la fintech et à l’intelligence artificielle, sont plutôt modestes jusqu’à présent en comparaison des investissements privés nécessaires pour devenir un chef de file.

L’atelier a été animé par François Boutin-Dufresne, Stratège et Économiste, membre du conseil d’administration de l’IFD.

Nos remerciements à notre panel d’experts et à notre commanditaire pour cet évènement : Deloitte.

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