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novembre

L’investissement responsable 2.0 : comment l’IA, le big data et les fintech modifient l’intégration de facteurs ESG

Le 27 novembre, l’IFD a organisé son dernier dîner de 2017 au Club Saint James. En poursuivant sur le thème de l’impact de l’intelligence artificielle, du big data et des fintech sur les facteurs ESG, notre panel, modéré par Solène Hanquier, membre du conseil d’administration de l’IFD et conseillère en développement durable au Mouvement Desjardins, était composé de trois professionnels de la gestion d’actifs et la gestion de portefeuille : Vincent Roy, directeur général, Équité active scientifique, Gestion d’actifs Blackrock Canada, Dr. Liam Cheung, président du conseil d’administration de Technologies Financières Mylo, chef de la direction de Tactex Gestion d’actifs et Paul Allard, président et chef d’orchestre, Impak Finance.

La conversation a débuté avec l’explication des panélistes sur les façons dont l’intelligence artificielle, l’analyse des big data et les autres formes de fintech ont été intégrées à leurs activités. Vincent Roy a expliqué comment les algorithmes sont utilisés dans leur gestion des FNB (Fonds négociés en bourse) et comment la disponibilité des big data signifie que les algorithmes permettent de mieux incorporer les facteurs ESG. Par exemple, les investissements peuvent être dirigés vers des domaines ayant un impact social plus important. Vincent a cité comment ils peuvent choisir d’investir dans les domaines de la santé selon le nombre de vies qui en bénéficeront, maintenant que davantage de données sur les impacts sont disponibles. Bien sûr, il y a la préoccupation que les algorithmes vont remplacer les prises de décision par un humain concernant la sélection des titres. Vincent mentionne que si les machines peuvent remplacer la fonction de sélection des titres à échanger, les professionnels de la finance demeurent essentiels pour déterminer les facteurs que les algorithmes devront prendre en compte. Vincent est convaincu que l’intelligence artificielle entraînera davantage d’emplois dans le secteur bien que les rôles puissent évoluer.

Mylo est un récent produit de la fintech aidant les utilisateurs à épargner en arrondissant chaque transaction et plaçant les centimes dans un véhicule financier pour des frais de gestion fixes (1$ par mois). La plateforme est particulièrement populaire auprès des milleniaux qui n’ont pas encore pris l’habitude d’épargner et d’investir, et qui sont à l’aise à laisser un tiers accéder à leur transactions bancaires en temps réel. Alors que la fintech encourage l’épargne, elle fournit également à Mylo un nombre élevé de données sur les habitudes d’achat permettant aux algorithmes de créer des promotions personnalisées et des solutions financières à travers l’application basées sur l’historique de transactions de l’utilisateur, ses données démographiques, son emplacement, ses réseaux sociaux, et ses recherches sur Internet. La confidentialité et la sécurité des données font partie des priorités. Liam Cheung a évoqué le nombre incroyable de tentatives d’accès provenant de sources illégales et a décrit quelques-unes des précautions qu’ils prennent. Liam a également parlé de leur rôle dans le développement de la littératie financière parmi la jeune génération de nouveaux investisseurs.

Les cryptomonnaies et les systèmes blockchain gagnent en popularité et bouleversent certains aspects du secteur financier. Impak Finance incorpore ces technologies dans leur écosystème avec le lancement d’Impak Coin, une cryptomonnaie investissant seulement dans des organisations à impact social au nom d’investisseurs préoccupés par les impacts, ou faisant partie de programmes de fidélisation de la clientèle. Paul Allard a donné une définition rapide du blockchain et de la façon dont il permet la création d’une cryptomonnaie. Il a présenté sa commodité et sa flexibilité tout en soulignant qu’Impak Coin est la première cryptomonnaie à être autorisée par l’Autorité des Marchés Financiers, lui conférant ainsi un statut légal. Paul a expliqué que la plateforme fintech crée par Impak Finance pour mettre en relation des investisseurs et des entrepreneurs sociaux requiert également la mesure des bienfaits ESG des investissements. Ils utilisent les Objectifs de développement durable des Nations unies comme cadre pour mesurer la performance.

L’auditoire a interrogé notre panel sur la gouvernance des technologies et leur application, puis sur la vitesse à laquelle la mise en place de ces technologies serait perçue dans le milieu financier. Les panélistes s’accordent à dire que l’analyse du big data est déjà une réalité, étant incorporée dans différents flux de fintech. Toutefois, l’intelligence artificielle sous la forme d’apprentissage machine (tels que des algorithmes autocorrectifs basés sur un nombre élevé de données) en est à ses balbutiements et peu d’applications ont vu le jour. Mais cela arrive!

L’IFD remercie chaleureusement les conférenciers.