21
février

Session d’apprentissage 2 : Comment le développement durable bénéficie de l’intelligence artificielles (IA) et du big data et pourquoi l’industrie de la finance doit s’y intéresser

La troisième saison des sessions d’apprentissage de l’IFD s’est poursuivi avec notre second panel le 21 février, lorsque nous nous sommes retrouvés à la Tour Deloitte pour discuter de la façon dont la durabilité d’entreprise bénéficie de l’IA et du Big Data.

Deux panellistes ont animé la conversation, la première étant : Catherine Jacques-Brissette, Spécialiste en Responsabilité d’entreprise et Environnement chez Bell Canada. Catherine agit également à titre de présidente de la Commission sur les changements climatiques et la viabilité à l’Institut canadien des actuaires. Notre second panelliste était Bassem Monla, Expert du domaine en intelligence artificielle chez IBM Québec et directeur du développement commercial, Villes intelligentes. Le panel a été modéré par Gildas Poissonnier, directeur principal, développement durable et changements climatiques chez Deloitte et trésorier et membre du conseil d’administration de I’IFD.

Catherine Jacques-Brissette a démarré en présentant l’indice actuariel climatique. Quatre organisme actuarials nord-américains dont l’’institut canadien des actuaires ont créé cet indice dans le but d’informer les actuaires à propos des impacts du changement climatique dans les différentes régions du Canada et des États-Unis, ainsi que de fournir un outil public d’éducation. L’indice actuariel climatique mesure l’évolution des extrêmes liés au climat; sur une période de référence de 30 ans et en utilisant les 6 séries de données suivantes.

  • Hautes températures,
  • Basses températures,
  • Pluies abondantes,
  • Sécheresses (jours secs consécutifs),
  • Vents forts, et;
  • Niveau de la mer.

L’indice montre clairement que la fréquence des extrêmes climatiques a augmenté durant les 30 dernières années et permet aux actuaires de considérer des ajustements à leurs calculs. Catherine a également présenté un second indice, qui sera bientôt accessible au grand public, appelé l’indice actuariel des risques climatiques. Il mesure la corrélation entre les conditions météorologiques extrêmes et les pertes humaines et économiques. Avec huit années de développement, ces indices sont les premiers de leur genre à être utilisés dans le monde de l’assurance. Il y a un intérêt européen pour la création d’indices similaires dans la région. Téléchargez la présentation de Catherine ou allez regarder les indices à l’adresse suivante : Indice actuariel climatique.

Pour la seconde partie de sa présentation, Catherine a parlé de l’utilisation des technologies digitales dans les télécommunications par Bell Canada ainsi que leurs efforts pour quantifier l’impact environnementale d’une utilisation accrue des produits de télécommunication. En étendant son offre de service en vue d’inclure des conférences web, de l’enseignement en ligne, de la télévision en streaming et des paiements en ligne, Bell a vu une hausse de son empreinte carbone en lien avec les besoins en énergie des télécommunications. Bell a voulu comprendre si cette augmentation était compensée par la réduction des émissions de ses clients liées aux besoins décroissants en transport, en matériaux bruts, en installations de production et la diminution des déchets de papier, la prétendue « dématérialisation » de la vie moderne. Après de longues recherches sur le cycle de vie des émissions de dioxyde carbone, en utilisant de grandes quantités de données sur les produits déplacés, Bell a été capable de conclure que l’impact net du changement était positif pour l’environnement. De plus, Bell est impliqué dans plusieurs autres initiatives visant à minimiser l’impact environnemental de ses opérations et de sa clientèle. Pour plus de détails, voir le Rapport de responsabilité d’entreprise de BCE.

Ensuite, Bassem Monla nous a offert une présentation technique de l’IA et de l’apprentissage machine ainsi que du rôle que l’IA et le Big Data allaient jouer dans le futur. Il a abordé la différence entre l’informatique du passé et l’IA du futur, rendue possible grâce à la disponibilité de vastes quantités de données. Il a expliqué les différences entre les trois types d’apprentissage machine (non-supervisé, supervisé, et renforcement) et a présenté des exemples d’utilisations actuelles. Par exemple, l’IA et l’apprentissage machine ont déjà augmenté la précision des diagnostics, aidant au passage les dermatologistes à reconnaître les mélanomes, en ayant appris par l’analyse de nombreuses séries de données sur des images identifiées auparavant, dans un environnement d’apprentissage supervisé. L’apprentissage par le renforcement, où la machine apprend elle-même par essai-erreur (en créant sa propre série de données) en est à ses débuts en termes d’application commerciale mais a un potentiel immense. Le monde des affaires change étant donné que l’IA et l’apprentissage machine fournissent des quantités de données sans précédent, à partir desquelles l’IA peut extraire des informations sur de nouvelles opportunités d’affaires ou mieux en comprendre les risques. Téléchargez la presentation de Bassem.

Bien que touchant un certain nombre de sujets, la période de questions-réponses a recentré la session sur sa question centrale: comment l’IA et le Big Data fonctionnent pour encourager l’investissement durable? Il suffit de penser aux applications potentielles telles que l’optimisation de l’utilisation des ressources, l’aide au déploiement des équipes lors de désastres, les immeubles intelligents moins énergivores, etc. En ce qui concerne l’indice actuariel climatique, un participant a émis l’idée d’utiliser l’IA pour introduire une fonction prédictive dans l’indice. L’IA et le Big Data offrent déjà une palette énorme d’applications potentielles, et on ne peut qu’imaginer ce qui pourrait être accompli s’ils étaient mis au service de la planète et des populations.

 

Nos remerciements à notre panel d’experts et à notre commanditaire pour cet évènement : Deloitte.